LE MUSICIEN DES RUES

À l‛accordéon il brasse
de l‛air et de pauvres airs.
La misère ! Il ne ramasse
qu‛un rayon du ciel d‛hiver.

Parfois une cigarette
qu‛on lui glisse entre les doigts.
Qui l‛écoute ? et qui s‛arrête ?
Il fait partie des murs froids.

Les cœurs glacés des passants
sont plus cassants que la bise.
Il chante et les bien-pensants
craignent qu‛on les dévalise.

IVRES D’AMOUR

Allez ! Debout ! Sortez les verres !
Trinquons à la santé du monde !
On le sait, tout va de travers
mais la vie n’est pas moribonde !

L’amour a encor de beaux jours.
Je vois flotter son étendard
tissé au rythme des « toujours ».
Ouvrons nos cœurs et nos fendards !

Rajoute-moi deux bras, Vishnou,
et remplis ma coupe, Bacchus !
Embrassons-nous ! Engageons-nous ! 
C’est l’amour qui manque le plus.